L'abbaye de Doue dans Viens voir mon canton : quand le Département donne la parole au patrimoine

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Porté par ses élus, soutenu par ses collectivités, le patrimoine altiligérien s'incarne aussi dans des histoires concrètes. L'abbaye de Doue en est l'une des plus belles illustrations.

Il y a des chantiers qui ne se racontent pas en quelques lignes. Celui de l'abbaye de Doue, dix ans de restauration, des artisans locaux mobilisés, une famille qui a tout misé sur un monument en péril,  mérite qu'on s'y arrête.C'est exactement ce qu'a fait le Département de Haute-Loire, à travers son émission Viens voir mon canton. Conçue pour donner la parole aux élus dans leur territoire, l'émission a consacré un épisode au canton qui abrite l'abbaye.

Un engagement territorial, pas seulement familial

Dans l'article publié par Gaëlle Tardy, Gilles Bayon de la Tour retrace l'histoire de ce chantier hors norme : hérité en 2010, l'abbaye était dans un état préoccupant. Les travaux de restauration ont démarré en 2016, avec l'appui de la DRAC à hauteur de 40 %, puis de la Région et du Département — deux partenaires qui ont accompagné un projet étalé sur près de dix ans.

Ce soutien, il ne le prend pas à la légère :

« Le fait d'être accompagné et soutenu par une collectivité comme le Département et les élus de canton, c'est extrêmement précieux. »

Et les chiffres donnent la mesure de ce que représente ce type d'engagement à l'échelle du territoire : près de 5 millions d'euros sont investis chaque année dans la restauration des monuments historiques en Haute-Loire, en direction des entreprises locales qui travaillent sur ces chantiers. Une économie du patrimoine, discrète mais bien réelle.

80 % de visiteurs altiligériens

Ce qui frappe aussi dans cet article, c'est ce chiffre : 80 % des visiteurs de l'abbaye sont originaires de Haute-Loire. Pas des touristes de passage — des Altiligériens qui viennent découvrir ou redécouvrir un monument qui leur appartient, au sens le plus large du terme.

L'abbaye est ouverte au public dans le cadre de l'opération Passeport des Demeures Historiques, désormais rebaptisée Châteaux près d'ici et disponible via une application numérique, et du Printemps du Patrimoine. Deux dispositifs qui font le pari du tourisme de proximité et de la valorisation du patrimoine privé ouvert au grand public.

Un levier d'attractivité, pas un luxe

Gilles Bayon de la Tour le dit sans détour : les élus locaux ont compris que maintenir le patrimoine historique altiligérien en état, c'est aussi maintenir un levier d'attractivité pour le territoire — touristiquement, économiquement, identitairement.

L'abbaye de Doue en est aujourd'hui l'une des preuves les plus visibles : restaurée, ouverte, vivante, et désormais dotée d'une programmation culturelle estivale. Un monument qui n'est plus seulement un héritage, mais un projet.