« Aux héros de la première heure, qui se sont mobilisés pour redonner à notre pays sa liberté et sa grandeur. » Gilles Bayon de La Tour, propriétaire de l'abbaye de Doue
Dimanche 12 juillet 2026, l'abbaye de Doue a accueilli une journée autour de la Mémoire vive de la Résistance en Haute-Loire. Plus de deux cents personnes s'y sont réunies. Au cœur de cette journée, une même histoire, celle de Joseph Valette, portée par ses deux enfants, Michel et Jeannine.


Michel Valette, consul honoraire d'Islande pour la région Auvergne Rhône Alpes, avait dix-huit mois lorsque son père Joseph Valette est mort à la prison de La Mal Coiffée, à Moulins, le 3 mars 1943. Il n'a de lui que la mémoire transmise, celle d'un père qu'il n'a jamais pu connaître directement. C'est cette mémoire qu'il a portée en organisant, avec le service départemental de l'ONaCVG, cette journée à l'abbaye de Doue, sur les lieux mêmes où son père, chef de la section de parachutage du réseau Marceau, avait choisi d'agir.
Jeannine Valette avait seize ans, elle, quand son père l'emmenait, sous couvert de promenades familiales, repérer des terrains propices aux parachutages. C'est ainsi qu'il découvrit, avec le cultivateur Alexandre Gimbert, le plateau isolé de la Garde de Doue. Dans la nuit du 20 octobre 1942, après un message codé diffusé par la BBC, six containers d'armes et d'explosifs y furent parachutés puis dissimulés dans l'étable de la ferme Gimbert, à quelques pas de l'abbaye. Le 10 février 1943, lorsque la police allemande vint arrêter les membres du réseau, c'est Jeannine qui ouvrit la porte et fut projetée contre le mur. Elle put ensuite être aux côtés de son père jusqu'à ses derniers instants, à La Mal Coiffée. Joseph Valette fut le premier résistant altiligérien mort pour la France. Dimanche, entourée de sa famille, Jeannine est revenue à Doue, à cent ans.
Autour de Michel et Jeannine, leurs familles respectives se sont retrouvées. Un nouveau panneau d'information, financé par le service départemental de l'ONaCVG, rend hommages aux 4 héros de cette histoire, à l'endroit même où elle s'est jouée :
- Alfred Salvatelli, alias « Charles » à la tête du groupe Combat en Haute-Loire ;
- Joseph Valette, chef de la section de parachutage, alias« Aimos » ;
- Pierre Lavergne, chef régional de l'Armée secrète, alias« Beaugé » ;
- Alexandre Gimbert, jeune cultivateur.

